Le 6 octobre*, vers 10 heures du soir, deux aviateurs américains dont l'avion avait atterri à Mareuil en Brie
sont venus frapper à la porte de la cuisine de notre ferme.
Aussitôt nous avons tenu un conseil de famille sur la conduite à tenir.
J'ai dabord rallumé le feu pour les restaurer car ils erraient dans les bois depuis deux jours
Mon frère a décidé de partir pour Paris où une de ses tantes avait des relations avec la résistance.
Cette tante est venue les voir car elle parlait anglais ce qui a facilité la conversation.
Grâce à ses relations, nous avons eu après trois semaines environ la visite d'une jeune femme qui se proposait de les
emmener à Fismes où des avions parachutaient des armes pour la Résistance.
Nous avons prêté nos bicyclette et mon frère nous a fourni deux de ses complets;
On a noirci les chaussures rapidement. C'est seulement après la libération que nous avons eu
quelques détails sur leur voyage. Ils ont pris le train pour Reims et
ils ont été rapatriés sur l'Angleterre où était leur base.
Après la libération, nous avons reçu deux magnifiques colis apportés par une voiture
américaine de Paris et qui avaient été confectionnés par les familles des jeunes gens.
Des relations épistolaires ont suivi qui durent toujours
et l'un d'eux est même venu avec sa femme revoir les lieux de son atterrissage.
Le Président Eisenhower nous a fait parvenir des diplômes relatant
les services rendus à l'aviation alliée pendant la guerre.
Mon filleul et ma petite fille sont allés leur rendre visite à tour de rôle et en ce qui concerne
Isabelle, elle a été reçue royalement. * 1944
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